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Jean Jaurès ... Online

Le Blog de la Section PS de Normale Sup'

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mercredi 11 janvier 2012

Semences agricoles : l’ UMP récoltera ce qu'elle a semé

La proposition de loi UMP sur « les certificats d’obtention végétale », adoptée et publiée au journal officiel du 10 décembre 2011, prévoit que les agriculteurs devront bientôt verser une redevance pour réutiliser leurs semences d’une année sur l’autre. Un texte économiquement injuste, politiquement incompréhensible et socialement dangereux.

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vendredi 9 décembre 2011

Une réforme fiscale pour plus de justice

La dette de la France représente plus de 80% de son PIB. Le déficit annuel français atteint les 100 milliards d’euros. Avec une dette et un déficit qui ne cessent de croître, la France est menacée de perdre son triple A. Si les agences de notation n’ont pas vocation à imposer une politique de rigueur à la France, elles peuvent néanmoins déstabiliser ses équilibres budgétaires en rendant plus coûteux le financement du déficit. Le gouvernement Fillon a donc fait le choix d’un nouveau plan de rigueur. Ce plan s’est notamment traduit par l’augmentation des taxes et de la TVA de 5,5% à 7%, qui touche tous les Français. A l’égard des plus riches, la droite a en revanche multiplié les cadeaux fiscaux. Le gouvernement a successivement instauré un bouclier fiscal, qui plafonnait l’impôt sur le revenu à un taux de 50%, et réduit l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

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lundi 5 décembre 2011

Plan France numérique 2020 : en finir avec les effets d’annonce 

La 4ième édition des Assises du Numérique s’est tenue mercredi 30 décembre à Paris-Dauphine. Une occasion pour le ministre de l’économie numérique, Eric Besson, de faire le point sur les 154 mesures du plan France Numérique 2012. 95% d’entre elles sont réalisées ou « en passe de l’être », d’après les services du ministère. Même si certains éléments méritent d’être salués, comment des mesures en passe d’être réalisées, et donc qui ne le sont pas encore, peuvent être intégrées dans ce chiffre de 95% ? A six mois des élections présidentielles, tout moyen est bon pour gonfler au maximum le bilan du gouvernement…


Quel financement pour le nouveau plan ?

L’auto-satisfecit du ministre sur ces bases fallacieuses a été suivi par la présentation d’un nouveau plan France Numérique 2012-2020#. Il contient 57 nouvelles mesures, mélange d’objectifs concrets, d’imprécations et de déclarations d’intention. Dans cette liste à la Prévert, certaines mesures sont légitimes et peuvent être portées par la gauche comme par la droite, mais quel en est leur coût ? Aucun plan de financement ne vient structurer ce projet gouvernemental ! Il est pourtant manifeste que son coût élevé pourrait vite hypothéquer ses chances de réalisation. De la part de ministres qui n’hésitent pas à attaquer François Hollande sur le coût de ses propositions pour 2012, cet « oubli » est pour le moins malvenu et ramène le plan France Numérique 2012-2020 à une simple déclaration de bonnes intentions à faire valoir pendant la campagne. Cette légèreté du gouvernement laisse perplexe quand on sait que le secteur du numérique représente un quart de la croissance française.

Débat sur le déploiement du très haut débit

La gestion du déploiement du réseau internet Très Haut Débit (THD) par le gouvernement est, à ce niveau, assez illustrative. Le déploiement du THD est un enjeu stratégique pour la France : il est la condition d’un service égal pour tous les citoyens (dès 2020, l’ensemble des démarches administratives seront uniquement numériques) ; l’accès au réseau en tout point du territoire est un enjeu économique majeur ; il conditionne le développement de nombreux autres projets, parfois évoqués lors des Assises (TV connectée, développement du Saas, etc.). La politique retenue par le gouvernement pour la réalisation du développement du THD est pourtant stupéfiante. Celui-ci laisse en premier lieu les opérateurs privés investir là où ils le souhaitent, l’Etat et les collectivités territoriales ne pouvant investir que dans les zones où aucun opérateur privé ne se sera signalé, avec comme objectif une couverture totale du territoire en 2025. En d’autres termes, les opérateurs privés investissent dans les zones rentables tandis que les collectivités territoriales, sur ordres d’un Etat plus napoléonien que jamais, doivent développer le reste du réseau à grands coups de subventions et sans aucune possibilité de rentabiliser ces investissements ! Face à ce modèle de développement aberrant, le projet socialiste propose au contraire de confier de déploiement du réseau à un opérateur national unique, « France Très Haut Débit », qui serait en charge du co-investissement du privé, de l’État, des collectivités et de l’Europe.

Alertes en série

Malgré le rapport rendu cette année par le sénateur centriste Hervé Maurey qui appelait les pouvoirs publics à un « indispensable sursaut », malgré le message envoyée par la Commission économique du Sénat selon laquelle « de nombreux parlementaires ont fait part de leurs inquiétudes sur les modalités retenues par le gouvernement pour le déploiement du très haut débit », malgré ces alertes encore rappelées par Alain Rousset (président de l’Association des Régions de France) lors des Assises du Numérique, le gouvernement ne semble toujours pas prêt à prendre la mesure des enjeux du numérique pour le développement et le rayonnement de la France.

jeudi 24 novembre 2011

Débat "Santé et égalité" avec Jean-Marie Le Guen et André Grimaldi

Mardi 18 octobre, la section a organisé une rencontre avec Jean-Marie le Guen, député de Paris et médecin de profession, auteur de Sauvons notre Santé... avant qu'il ne soit trop tard, et le professeur André Grimaldi, diabétologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et co-auteur du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, autour du thème « Santé et égalité ». Possédant chacun une grande expérience du monde médical ainsi qu'un vécu différent, le premier en tant qu'acteur politique, le second en tant que praticien, ils ont tout d'abord dressé un bilan du système de santé français, et partagé le constat d'un risque grandissant d'une crise sanitaire profonde en France, qui passait pourtant, il y a quelques années encore, pour le pays possédant le meilleur système de santé au monde. Selon eux, notre système est en effet en grand danger aujourd'hui, d'une part parce qu'il n'a pas su s'adapter aux nouveaux défis imposés par les progrès importants accomplis par la médecine au cours de la seconde moitié du vingtième siècle, d'autre part parce qu'il est aujourd'hui la victime d'une politique libérale menée par le gouvernement actuel et guidée par le modèle de l'entreprise et la logique comptable. Or, comme l'a rappelé le Professeur Grimaldi, c'est une erreur de concevoir la santé comme une marchandise et de vouloir la soumettre aux règles du marché : dans le domaine de la santé, la concurrence ne fait pas baisser les prix, mais au contraire les fait augmenter. S'il y a aujourd'hui des dysfonctionnements importants, l'entreprise ne peut servir de modèle, et il s'agit donc d'inventer une nouvelle politique de la santé, non seulement pour préserver les acquis sociaux, mais aussi pour les restaurer un système juste.

Hérité d'un compromis au sortir de la Seconde Guerre mondiale entre le désir d'une santé accessible à tous, porté par le Conseil National de la Résistance, et les pratiques de la médecine libérale, notre système actuel de santé n'a pas su s'adapter à l'évolution rapide de la médecine, qui se compose aujourd'hui de trois branches fondamentales : la médecine du quotidien, des maladies bénignes et passagères, la médecine des crises aiguës, faite de gestes complexes, et la médecine des maladies chroniques. Si la France est réputée pour la qualité de sa médecine de haut-niveau, le système n'a pas pris en compte le développement de la médecine des maladies chroniques : ainsi, beaucoup de traitements dans ce domaine sont encore rémunérés à la consultation, alors que le traitement au forfait semble nettement plus approprié. En outre, la logique du système de santé, émanation de l'État-Providence chargé uniquement de réparer les dommages subis par les individus, doit évoluer : le système actuel de soin, par sa passivité, reproduit les inégalités sociales au niveau des inégalités sanitaires : les classes sociales les plus défavorisées sont en effet celles qui font le moins appel aux soins, et sont donc moins bien soignées.

Face à ce constat d'un système de santé en train de péricliter du fait de son incapacité à s'adapter aux nouveaux enjeux de la société, deux politiques sont possibles : une politique libérale visant à assimiler la santé, ses moyens et ses objectifs au monde de l'entreprise, avec à terme la disparation prévisible de la Sécurité sociale au profit de mutuelles privées, et une politique nouvelle, à inventer, seule à même de donner au monde de la santé la place centrale qui lui revient dans la société. Nos deux intervenants ont posé les jalons de ce que pourrait être, à coût équivalent, un autre système de santé, en phase avec le monde d'aujourd'hui. Si la condition préalable à toute réforme de la santé est un élargissement de l'assiette des revenus de la Sécurité sociale afin de régler le problème du déficit, il semble néanmoins possible d'améliorer notre système de santé pour le rendre plus juste et plus efficace sans augmenter son coût. Une telle reconstruction passe d'abord par une réforme généralisée des pratiques médicales, et une refondation de l'exercice de la fonction libérale. Il s'agit en premier lieu de faire aller de paire les aspects médicaux et économiques ; dans le système français actuel, il n'y a pas de culture de l'évaluation médico-économique, pointe le Professeur Grimaldi : le scandale du Mediator, un médicament dont la valeur thérapeutique n'a été reconnue par aucune commission scientifique, et qui a pourtant été déclaré par la commission chargée de fixer le taux de remboursement des médicaments remboursable par la Sécurité sociale (sous la pression probable des lobbys pharmaceutiques) en est un exemple criant. De même, une évaluation comparative plus systématique des hôpitaux permettrait de dégager, sans perte de qualité des soins, les moyens d'une gestion plus efficace.

Deuxièmement, il importe aussi de repenser le métier de médecin. Non seulement en adaptant les modes de rémunération (par-exemple, rémunération à l'intervention pour la médecine de haut-niveau, au forfait pour le traitement des maladies chroniques), mais aussi en modifiant le cadre de travail des médecins, afin de promouvoir le travail en équipe, dans des centres localisés, intimement liés au territoire qu'ils occupent, plutôt que la solitude d'un cabinet. Il s'agit aussi de renforcer les liens entre les différents acteurs du monde de la santé : pour ce faire, une réforme de la formation est nécessaire, notamment en créant au premier cycle universitaire un socle commun à tous les personnels de santé, qui permettrait de requalifier et de revaloriser certains métiers (pharmaciens, infirmières) qui doivent avoir une place centrale dans le système de soins. D'autre part, de nouveaux parcours doivent être créés, afin que l'enseignement universitaire soit conforme à la diversité de la pratique de la médecine : si les connaissances théoriques et la maîtrise de gestes complexes importent, il est aussi nécessaire d'apprendre aux futurs médecins l'analyse décisionnelle et la capacité à déterminer dans chaque cas le traitement approprié, au coût approprié.

Le monde de la santé est aujourd'hui en crise, et la santé elle-même est une préoccupation grandissante pour la plupart des Français. La réponse à cette crise doit être politique, et passe par une redéfinition de la place que doit occuper la santé dans la société, afin d'adapter le système de santé et ses pratiques aux réalités et besoins d'aujourd'hui. Face à une politique libérale, qui conçoit la santé comme une charge, nous avons la possibilité, comme le note Jean-Marie le Guen, de proposer une politique qui voit dans la santé un investissement à long terme dans la société, et qui s'oppose à la prolifération actuelle des mutuelles privées qui mettent en péril l'existence même de la Sécurité sociale. Dans un monde médical divisé, toute réforme doit se faire dans la concertation avec les personnels de la santé ; mais l'État doit aujourd'hui s'opposer vigoureusement à toute logique de marchandisation du soin.

Le soin : quelle politique ?

Compte-rendu de l’intervention de Frédéric Worms à la section socialiste de l’ENS autour de son livre Le moment du soin : à quoi tenons-nous ? (5 octobre 2011)

Qu’est-ce que le soin, et comment peut-il faire l’objet d’une action publique globale ? Quelle est sa dimension politique, et comment en faire un critère de progrès dans une société développée ? Où situer le modèle social idéal, entre le maximum fantasmé d’une société maternante, où tous les aspects de l’existence sont nationalisés, et l’ultra-individualisme promu consciemment et inconsciemment par le néo-libéralisme à l’origine des politiques publiques depuis une génération ?


De ce livre paru en 2010, F. Worms a tiré la matière d’un débat passionnant et exigeant sur les notions de soin, de « care », de protection en un moment de profondes remises en cause du modèle social français par la droite gouvernementale.

Cette exigence de rigueur, F. Worms se l’impose avec ambition en cherchant dans l’idée de soin le principe d’une alternative politique globale. « Principe », car le soin ne correspond pas à la seule politique sociale, celle qui relèverait du ministère de la cohésion et des solidarités, mais bien de l’ensemble des politiques mises en œuvre. Nous avons pu mesurer l’ampleur des domaines concernés : de l’organisation du secours en vue de la survie matérielle à l’accompagnement de la vieillesse, repenser le service (public) et la protection de l’environnement, indissociable des conditions de vie individuelles et collectives…

Quant à « l’alternative politique », elle correspond à un choix explicitement assumé par F. Worms. Ce choix relève d’un positionnement politique initial, qui détermine la prise en compte ou le rejet de cette idée de soin, un positionnement concernant la conception plus fondamentale des relations sociales. Le soin ne peut s’intégrer que dans une vision « de gauche », marquée par la reconnaissance de la dépendance des individus à certaines relations sociales, et de l’importance de ces relations dans la constitution du sujet politique (que l’on pense à la reconnaissance permettant l’accompagnement de la vieillesse). Si l’individu humain ne peut exister seul, cette dépendance n’est pas seulement négative. En effet elle appelle une action politique sous la forme de la mise en place d’institutions de régulation. La vision opposée, « de droite », est caractérisée par une conception de la dépendance purement négative et provisoire. La priorité politique y porte sur l’indépendance des individus, la prise en charge des relations humaines ne se fait que par défaut, afin de compenser certains effets néfastes de la socialisation. Le soin se limite alors à son degré zéro : l’assistance et la protection minimales.

Cette gauche qui peut s’identifier à l’alternative politique défendue ici, nous pouvons la caractériser à grands traits. Revenue des illusions issues de la formalité des droits, elle s’attache à mettre en œuvre des politiques apportant aux différentes populations visées des capacités réelles d’action (les politiques de « capabilités »). Cette gauche refuse de laisser le domaine des relations sociales en dehors des politiques publiques, car l’abandon au privé, à la morale individuelle ou à la charité cache un refus de la lutte contre les différentes dominations. Elle garde cependant sa confiance dans l’État, instrument de l’institutionnalisation des problèmes et des revendications mis en lumière par le combat pour la justice.

lundi 3 octobre 2011

De retour de la Rochelle (2) : Un nouveau contrat entre les enseignants et la nation


Au cours de l’atelier animé par Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation du PS, et Yves Durand, député-maire de Lomme et spécialiste des questions d'éducation au sein du PS, il s’agissait de revenir à la fois sur le triste état du système éducatif français à l’heure actuelle et sur quelques-unes des réponses que le PS apporte dans son programme pour 2012. Comme l’ont souligné tous les intervenants, ce débat nous concerne tous : l’école n’appartient pas aux enseignants, mais à la nation toute entière. Personnels éducatifs, parents, partenaires sociaux, élus doivent donc dialoguer et travailler de concert.

A quelques mois des élections présidentielles, le constat est sombre : 66 000 suppressions de postes depuis cinq ans, 1 500 classes fermées en cette rentrée 2011, suppression annoncée de 13 000 postes pour la rentrée 2012. Mais au-delà de ces seules considérations d’effectifs, Yves Durand rappelle qu’il y a plus grave, plus pernicieux et surtout plus révélateur de l’idéologie de la droite : la volonté de détruire la dimension nationale, gratuite et de service public de notre éducation. Ce travail de sape, opéré par touches « homéopathiques » qui, mises bout à bout, en révèlent toute la cohérence, vise avant tout à transformer notre école républicaine en « école marchande » : l’abandon de l’éducation prioritaire et l’institutionnalisation de l’inégalité, le problème de la formation et du recrutement des enseignants, seul métier en France « qui ne s’apprend plus », en sont quelques aspects.

A travers la question, fondamentalement politique, du recrutement des personnels, c’est toute la profession enseignante et la mission-même de l’école qui sont remises en cause. La proposition de la droite, rendue publique début juillet, en atteste encore puisqu’elle vise à supprimer les concours pour les remplacer par un recrutement assuré par les chefs d’établissements, devenus chefs d’entreprises au cœur d’un système de mise en concurrence des établissements. Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA, pointe ainsi l’opposition de deux modèles : un système libéral aboutissant à une « atomisation de la société » ; un système républicain, dont il ne nie d’ailleurs pas les faiblesses actuelles (notamment les 150 000 jeunes laissés sur le bord de la route chaque année). Selon la vision sarkozyste, l’éducation devient un véritable bien de consommation, comme en témoigne par exemple le succès des cours particuliers, alors que l’éducation devrait être un droit garanti par l’Etat à chacun. En réponse à ces attaques en règle menées par la droite contre notre système éducatif, des mesures d’urgence s’imposeront dès la rentrée 2012 : moratoire sur la suppression des postes prévue par la droite, accompagnement des enseignants qui ont été privés de formation, etc. Mais des mesures ponctuelles mises bout à bout ne suffiront pas : il faudra aller beaucoup plus loin et mener à bien des changements structurels devenus indispensables.

Tous les intervenants s’accordent pour souligner l’importance pour la gauche de s’atteler sans tarder à restaurer un climat de confiance et de dialogue, sans lequel il ne saurait y avoir de nouveau contrat entre des enseignants usés et désabusés de devoir se justifier en permanence et la nation. La rupture tant attendue par les différents acteurs de l’éducation ne pourra passer que par là, pour en finir avec le système sélectif et élitiste, sans moyens, qui a été mis en place par la droite. La redéfinition d’un véritable projet éducatif est indispensable. Notre école a besoin d’une toute autre conception : son objectif devrait être de faire réussir tous les jeunes, comme le soulignent tous les intervenants, afin de rebâtir un système égalitaire. Les chantiers sont immenses et nombreux : question des recrutements, de la formation, meilleur accompagnement de l’élève (avec des approches différenciées et personnalisées) et donc meilleur encadrement. Les attentes du milieu éducatif sont considérables : il s’agira pour la gauche de ne pas les décevoir, en redonnant un sens au métier d’enseignant, en redéfinissant un cap, en offrant des perspectives. C’est tout le métier d’enseignant qui est à repenser, en développant de nouvelles formes de travail, et notamment le travail en équipes, avec des temps de concertation : l’enseignant ne devrait pas avoir vocation à travailler seul, dans un tête-à-tête exclusif avec sa classe. Il faudra également tenir davantage compte du temps éducatif, beaucoup plus long que le temps politique : le temps de l’enfant n’est pas le temps de l’élu. La gauche devra donc avoir le courage de proposer davantage que des réformes court-termistes. Cela va de pair avec la nécessité de repenser notre système éducatif dans son ensemble, de considérer le parcours d’un élève de la maternelle au lycée et d’arrêter de segmenter nos approches (et donc nos réformes) entre le primaire, le collège, le lycée, etc. Enfin, comme le souligne Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, l’école doit être pleinement réinsérée dans son territoire, travailler plus étroitement avec son environnement. Pour ne prendre qu’un exemple : en ce qui concerne la question de l’éducation prioritaire, le passage de la logique de territoires à celle d’établissements sous les gouvernements de droite a accrue les difficultés de certaines zones.

La tâche est titanesque et notre Parti devra s’y atteler au plus vite, en gardant à l’esprit que la notion de contrat, comme l’a souligné B. Groison, implique un engagement bilatéral entre les personnels éducatifs et le gouvernement. Toutefois, si la situation actuelle exige des réponses rapides et efficaces, Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, rappelle que la question du système éducatif doit impérativement être replacée dans son contexte. Il est indispensable de redéfinir les ambitions de l’école : il ne s’agit pas en effet de revenir à ce qui existait, mais bien d’inventer le système éducatif du XXIe siècle. La société a évolué, son école doit aussi se transformer. Concluons avec les derniers mots de l’intervention de T. Cadart : dans une période de grands défis (environnementaux, économiques, démocratiques), nous ne pouvons pas nous contenter de « transmettre ». Nous devons également « transgresser, innover », pour bâtir le monde de demain, dans un climat de confiance retrouvée.

jeudi 15 septembre 2011

De retour de la Rochelle (1) : Au PS, l’unité prévaut sur la différence !

La section Jean Jaurès ENS était à La Rochelle lors de l'université d'été d'août dernier. Nous vous proposons une série de billets revenant sur ce moment incontournable de la vie du parti. Aujourd'hui, en guise d'introduction, Clément nous livre son impression générale sur le week-end, loin de l'image que les médias ont voulu en donner.


Université d’été 2011 du Parti socialiste à la Rochelle. On s’attend à du spectacle. Depuis 2002 et le retrait de Lionel Jospin de la vie politique, les socialistes ont toujours eu à cœur d’alimenter leurs guerres intestines. De faire prévaloir les ambitions personnelles sur le débat d’idée. De tacler leurs camarades plutôt que de répondre aux attentes des Français. Un an avant les présidentielles et deux mois seulement avant la désignation du candidat socialiste, il promet d’y avoir du sport à la grand-messe du Parti. Voilà ce qui devrait alimenter les espoirs des partis du centre et de droite, rassemblés depuis 2007 dans une union qui se fissure de plus en plus avec le temps. Borloo qui joue les cavaliers seuls, Bayrou qui n’est apparemment pas mort malgré son isolement, Villepin qui veut jouer les trouble-fêtes… heureusement que le PS est un parti incapable du moindre travail d’équipe, incapable du moindre projet, incapable de se rassembler !

Les journalistes aussi sont à l’affût. Les petites phrases assassines et les clivages politiques au sein d’une même famille politique font bien plus d’audimat que des projets ou des idées. A ce titre, le PS est un bon client depuis longtemps déjà. Sortez les micros, tendez l’oreille. Il ne faut pas rater le moindre petit mot : le scoop de l’année en dépend ! Université d’été 2011 du Parti socialiste à la Rochelle. Si même les valeurs sûres ne tiennent pas leurs promesses, où va-t-on !?! La finance est en crise, la police elle-même manifeste, les riches demandent à être davantage taxés et les socialistes ne se tapent même plus dessus !!! Car c’est bien cela que l’on aura pu voir à la Rochelle. On sent que les candidats aux primaires socialistes sont en campagne et que leurs supporters sont mobilisés, mais il règne sur l’espace des congrès de l’Encan un puissant esprit de cordialité et d’union. Pas d’affiches sauvages. Pas de tracts jonchant le sol. Pas de prêcheurs de bonne parole sur l’esplanade. Pas de clans visibles. Pas de débats aux paroles trop vives. Seulement de l’écoute, du respect et de la joie. Même dans les ateliers, les rares personnes qui tentent de faire un peu de publicité pour un candidat ou un autre sont cordialement mais fermement invitées par la salle toute entière à laisser à la porte les questions de leadership pour ne faire valoir que le débat d’idées. Des débats de fond assez pointus, d’ailleurs, car le public est souvent composé de spécialistes qui veulent alimenter la réflexion socialiste.

Que les militants aspirent à plus de cohérence pour redonner de la force à leur parti, c’est compréhensible. Que les militants s’unissent par lassitude, par espoir de voir leurs valeurs triompher, ou encore par peur de voir la droite saper encore un peu plus les valeurs républicaines pendant un nouveau mandat présidentiel, c’est logique. Mais pourquoi diable les candidats aux primaires socialistes sont-ils également touchés par cette maladie d’union, se demanderont les élus de droite comme les journalistes ? Pas un seul ne critique les autres !?! Pas une seule attaque perverse !?! Pas une seule petite pique mesquine !?!

Université d’été 2011 du Parti socialiste à la Rochelle. Il fallait y être pour constater à quel point les discours des candidats socialistes étaient proches, que ce soit dans le cadre de l’université ou lors de meetings de circonstance : révolte contre l’injustice fiscale ; dénonciation des incohérences des politiques de droite depuis 2007 et même 2002 ; mise en valeur du projet socialiste ; nécessité d’un changement de gouvernance et d’un changement de majorité, etc. Bien sûr, des propositions spécifiques à chaque candidat ont été mises en avant : Martine Aubry veut remettre la justice au cœur de la société, Ségolène Royal propose d’encadrer les jeunes délinquants par l’armée, François Hollande veut tendre la main à la jeunesse, Arnaud Montebourg veut davantage réguler le système financier, Manuel Valls souhaite renforcer les entreprises, etc. Mais s’il n’y a qu’une chose à retenir, ce sont les similitudes entre les discours et le respect des candidats. Le Parti socialiste s’est rassemblé et a montré qu’il est capable de mettre de côté le bal des ego. Le mot d’ordre de l’université était « le changement », et le changement aura aussi été dans l’absence de clivage entre socialistes.

Université d’été 2011 du Parti socialiste à la Rochelle. On ne saura jamais quel intérêt public majeur a poussé les journalistes à écrire des articles sur Jean-Christophe Cambadélis qui demande aux socialistes de « ne pas être des chochottes » et sur Jean-Marie Le Guen qui lui rétorque que « nous ne sommes pas des chochottes ». On ne saura jamais pourquoi, après trois jours de rassemblement et de concorde, la presse a titré « les socialistes unis le temps d’un cliché ». Etaient-ils vraiment là-bas, ces imprécateurs qui rythmaient leur articles à coup de « la tension est palpable » et autres « pour le moment ça va mais… » ? Certains ont même commenté l’université d’été en citant directement des membres de la majorité, sans tempérer le moindre propos. Si encore ils n’étaient mandatés que par Le Figaro… Les difficultés économiques des médias traditionnels ne sont pas uniquement dues à Internet : pour être lu, il faut être crédible et avoir du contenu ! Une leçon que certains journalistes ont oubliée mais que le Parti socialiste a intégrée pour relever les défis de l’année qui vient.

samedi 10 septembre 2011

Education d'abord!

La section de l'ENS a co-signé une tribune avec les autres sections universitaires afin d'appeler les candidats à la primaire à mettre au coeur de leur programme la question de l'éducation et de la recherche.

En cette période de rentrée politique pour les socialistes, alors que s’ouvre l’université d’été de La Rochelle, les sections et groupes universitaires du PS s’associent pour demander aux candidats à la primaire des 9 et 16 octobre prochains de faire de l’éducation, de l’enseignement et de la recherche les enjeux majeurs et clivants du projet politique de la gauche lors de la campagne présidentielle.

L’avenir d’une société – c’est un truisme toujours bon à rappeler – dépend de l’éducation que celle-ci délivre à sa jeunesse. Comment un projet politique digne de ce nom, portant son regard au-delà de l’horizon trop immédiat des temps où nous vivons, pourrait-il ne pas en faire sa priorité ?
Cette évidence est également aujourd’hui une exigence économique. Nos sociétés postindustrielles vivent à l’heure d’un "capitalisme cognitif" – ou, si l’on préfère, d’une "économie de la connaissance" – dont les moteurs de croissance sont les savoirs et l’innovation. Il en résulte que les lieux de production et de diffusion des savoirs jouent un rôle essentiel dans le développement des États et des entreprises. De l’orientation idéologique des réformes appliquées à l’enseignement et à la recherche dépend donc le visage de la société mais aussi de l’économie de demain.

La droite l’a bien compris. Depuis dix ans, les réformes visant à mettre notre système d’enseignement et de recherche au diapason de son idéologie néolibérale se succèdent à un rythme soutenu : création de l’ANR, loi LRU et ses décrets d’application, "masterisation" et réforme des concours, réforme du lycée, suppression d’environ 140 000 postes ou contrats dans l’Éducation nationale depuis 2002, etc.

Sous le masque trompeur du "pragmatisme" – "adapter" notre pays aux cadres nouveaux de l’économie mondiale –, le projet de la droite est de remplacer l’État social et éducateur hérité des combats des XIXe et XXe siècles par un "État entrepreneurial" dont le credo est la concurrence et qui, dans tous les secteurs de notre vie nationale, entend instaurer une compétition généralisée. Cette rationalité économique imposée n’affecte pas que le fonctionnement structurel de notre enseignement et de notre recherche : elle s’en prend aux contenus des savoirs enseignés et des recherches en cours et à venir, tendant dangereusement à réduire leur rôle à la formation et à la production d’hommes et de savoirs "compétitifs", dotés des "compétences" et des "avantages comparatifs" nécessaires pour affronter la concurrence mondiale. C’est toute une mutation anthropologique qui s’opère de la sorte. Ne va-t-on pas jusqu’à parler aujourd’hui de "capital humain" ? Ils sont loin les Condorcet, les Guizot, les Duruy, les Ferry, les Buisson et tous ces réformateurs qui, au cours de notre histoire, ont eu pour seule ambition de mettre le développement des savoirs au service de l’émancipation des peuples.
Depuis une décennie, un vent de contestation s’est heureusement levé, de plus en plus puissant, parmi ceux qui constituent notre électorat traditionnel. Des syndicats, des collectifs et des associations d’étudiants, de doctorants, d’enseignants, d’ingénieurs, de chercheurs et de personnels administratifs et techniques grondent d’une colère lasse mais profonde, dont l’ampleur a même battu des records à l’université, en 2009. Du jamais vu depuis Mai-68. C’est dire si l’attente est aujourd’hui immense à l’égard de la gauche et qu’il ne suffira pas, pour y répondre, comme pour contrer le rouleau compresseur néolibéral de la "stratégie de Lisbonne" – qui sert de cadre aux réformes scolaires et universitaires en Europe –, de se contenter d’apporter quelques solutions techniques.

À l’approche des échéances électorales, il importe que les candidats à la primaire soient bien conscients de la responsabilité historique de la gauche en 2012 : il s’agira d'entreprendre la reconquête d'une hégémonie intellectuelle en France et en Europe, et de proposer une vision alternative de l’homme et de la société qui devra nécessairement se fonder sur une politique de l’éducation, de l’enseignement et de la recherche en rupture avec celle de la droite.
Sans pour autant jouer la carte de la surenchère et promettre plus qu’il ne sera possible, nous appelons les candidats, au-delà des déclarations de principes certes nécessaires mais déjà entendues, non seulement à prendre, dès maintenant, des engagements clairs et précis sur quelques points essentiels et attendus par notre électorat : la LRU, la formation des professeurs, les statuts des personnels, la réforme des rythmes et des programmes scolaires, la précarité croissante des étudiants. Entre autres. Mais nous les engageons surtout à considérer que ce qui sera entrepris en la matière déterminera toute notre politique. L’école, l’université et la recherche ne sont pas des sujets parmi d’autres : elles constituent les matrices de notre société. C’est à travers elles que se fera – ou ne se fera pas – la rénovation sociale à laquelle nous aspirons. Alors, camarades, un mot d’ordre, un seul : "éducation d’abord !". À court et à long terme, notre victoire en dépend.


Signataires : PS Sorbonne, PS ENS-Ulm, PS Sciences Po Paris, PS de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, PS Grenoble-Universités, PS ENS-Cachan, GSU IEP Lille 2, GSU Seine-Maritime.


Vous pouvez retrouver la tribune sur d'autres sites : nonfiction , Sauvons l'Université. Vous pouvez également lire la réaction de Sylvestre Huet (Libération).

dimanche 21 août 2011

Du nucléaire aux énergies renouvelables : réussir la transition énergétique

Après l'accident nucléaire de Fukushima, l'Allemagne a annoncé la sortie du nucléaire et la fermeture de ses 17 réacteurs nucléaires à l'horizon 2022. Le projet du Parti Socialiste propose de sortir la France de sa dépendance au nucléaire. En effet, la France produit les trois quarts de son électricité à partir de l'énergie nucléaire et compte 58 réacteurs nucléaires en activité, alors que l'énergie nucléaire ne représente que 22% de la production d'électricité outre-Rhin. La sortie complète du nucléaire en France prendrait donc beaucoup plus de temps et nécessiterait beaucoup plus de moyens. La sortie de notre dépendance au nucléaire est donc une première étape. Dans le cadre des primaires de la gauche, des prochaines élections présidentielles et de la réalisation d'un accord de gouvernement avec les écologistes, ne pourrait-on pas proposer de faire passer notre production d'électricité d'origine nucléaire de 75 à 50% à l'horizon 2025 ?

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samedi 9 juillet 2011

Discours de Bertrand Delanoë au colloque des sections universitaires sur la politique de la ville

En se gardant d’apporter une conclusion générale au colloque de la journée, Bertrand Delanoë affirme qu’il est urgent de progresser en matière de politique de la ville. La population française souffre aujourd’hui de précarité et de perte de confiance en la politique ; ainsi, 56% des Français pensent qu’ils n’ont rien à attendre de la politique. Les conflits qui se développent entre catégories sociales et l’aggravation d’une crise multiforme par les politiques d’opposition du corps social menées par Nicolas Sarkozy se reflètent dans les villes. Il importe de comprendre que les enjeux nationaux et ceux liés à la ville sont liés. Malheureusement, bien souvent les politiques progressistes dans les villes sont entravées par l’action du gouvernement, et on peut véritablement parler de sabotage. La question la plus importante à poser, pour les politiques de la ville comme pour 2012, est la suivante : comment créer le sentiment qu’un destin commun est possible et souhaitable ? Il s’agit de pouvoir vivre dans un espace commun, en se logeant et en vivant dans des conditions égales, et en étant tous respectés socialement.

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mercredi 6 juillet 2011

Imaginer la banlieue de demain

La première table ronde du colloque des sections universitaires avait pour but de dresser un bilan de la politique. La deuxième s’inscrit dans le champ des propositions. La politique de la ville se limite trop souvent aux quartiers, elle est trop sectorisée. Cette deuxième table ronde vise donc plus particulièrement la question de l’aménagement de la ville dans le but d’intégrer pleinement les cités dans la ville, de recréer et de tisser du lien entre les quartiers et l’ensemble de la ville. Quel aménagement urbain pour demain ? Comment repenser l’aménagement des villes pour rapprocher les populations et répondre aux défis des banlieues ?

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samedi 18 juin 2011

Etat des lieux des banlieues

Depuis une trentaine d’années, la politique de la ville s’impose de plus en plus dans le débat politique pour répondre aux enjeux de société que soulèvent les banlieues. Cependant les résultats sont très contrastés et la question des banlieues n’a pas trouvé de réponse efficace pour réduire le chômage, l’insécurité et l’exclusion de notre système républicain. Dans ce contexte, les sections universitaires du Parti Socialiste ont décidé d’organiser leur premier colloque autour de la politique de la ville. La première table ronde ronde vise à dresser un constat des politiques de la ville sur les banlieues déjà mises en place et de leur impact sur les populations vivant dans ces quartiers difficiles notamment en termes de mixité sociale et d’éducation. Pour dresser ce constat, mais aussi pour nous faire part de leurs propositions, nous avons reçu trois personnes : un représentant associatif, un élu de terrain et un universitaire.

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samedi 14 mai 2011

Proposition de recrutement des enseignants et de leur formation

La masterisation des concours de l’enseignement a entraîné de sérieuses modifications dont les conséquences, en termes de formation des professeurs, se font largement sentir. Le monde enseignant est attentif aux propositions du PS sur la question de leur formation. En 2008, le monde universitaire et la section Jean Jaurès se sont mobilisés contre la réforme de la masterisation. L’adoption de la réforme nous oblige aujourd’hui à modifier notre engagement, à passer de la lutte et la protestation aux propositions, et à offrir une alternative possible pour l’élection présidentielle de 2012. Cette réforme soulève plusieurs questions sur la forme du concours, du recrutement et du master. Un master est-il indispensable pour devenir enseignant ? Si oui, quel master ? Comment concilier politique de recrutement et obtention d’un diplôme de niveau master ? Faut-il une formation post-concours ? Avoir plusieurs corps d’enseignant pour le secondaire est-il toujours pertinent ? Les enseignants du lycée pourrait-il également être des enseignants de l’université ? Nous avons mené un cycle de réflexion sur plusieurs mois et auditionnés des jeunes professeurs et des syndicalistes. Nous avons fait le choix de proposer un modèle de recrutement et de formation pour l’enseignement secondaire, mais son application pourrait également être envisagée pour l’enseignement primaire avec des modifications mineures que nous évoquons à la fin de cette contribution.

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mardi 10 mai 2011

Modeste contribution aux commémorations du 10 mai 2011

Entendons-nous bien : loin de moi le souhait d'endosser le rôle du grincheux qui, par esprit de contradiction, voudrait donner à entendre son bémol dans le concert des commémorations du jour. Revoir les images des événements de mai 1981, faute de les avoir vécus, produit toujours son effet sur le socialiste que je suis. J'imagine très bien à quel point le moment où le visage de Mitterrand s'est lentement déroulé à la télévision a pu être chargé d'émotion pour tous ceux qui attendaient la rupture depuis tant d'années et qui trouvaient, enfin, une majorité dans le peuple pour porter cette aspiration. Je conçois tout autant la nostalgie que peuvent éprouver ceux pour qui le débat politique était incarné par des hommes qui, vus depuis notre époque, semblent bien être des géants.

Mais n'y a-t-il pas dans ces commémorations récurrentes quelque chose de gênant? Mai 1981 est venu s'inscrire dans la longue série d'événements que la gauche en mal de pouvoir aime à égrener, sans doute pour se rassurer. « Peuple de gauche, es-tu là? » titre en grand un magazine sur un lit de roses. Comme si l'on ne pouvait compter que sur ces grands moments de l' Histoire de France, commémorés à tour de rôle, pour chercher la fantomatique apparition d'une majorité fidèle aux grands idéaux et à la promesse de la Rupture. La Commune de 1871, dont ce fut, hasard du calendrier, l'autre grande commémoration de l'année, 1936, 1968 et enfin 1981... N'y a-t-il pas quelque chose d'infantile dans le rapport au pouvoir que la gauche entretient depuis si longtemps et qui se manifeste lors de ces anniversaires? Ne doit-on envisager notre présence dans l' Histoire que par apparitions fugitives qui viendront bientôt se cristalliser dans la mémoire de ceux qui en auront été les acteurs ou dans celle de leurs descendants?

Le fonctionnement de la V ème République est ainsi fait que nous ne pouvons jamais accéder au pouvoir que dans des victoires exceptionnelles. 23 ans de gouvernement de droite ont précédé 1981, 10 ans seront passés sans qu'à un seul moment la gauche gouverne si celle-ci gagne en 2012. Aucune démocratie à peu près normalement constituée n'a connu une telle situation. Et le mythe de l'alternance comme rupture ne nous permet pas d'échapper à l'accusation de collusion entre la droite et la gauche et ne nous met pas à l'abri d'un vote extrémiste de plus en plus menaçant dont le principal souhait est de renverser le « système » dans son intégralité, gauche comprise. Après tout avril 2002 est bien un autre aspect de la rupture, qui lui aussi est venu alimenter notre mémoire, certes tristement. Il paraît évident qu'une république moderne doit pouvoir, au contraire, connaître des alternances beaucoup plus fréquentes.

Or, en se livrant à la commémoration des grands moments qui la fondent, la gauche accrédite l'idée selon laquelle l'état normal, c'est la droite et qu'il ne lui reste que la possibilité de l'événement extraordinaire. Elle se rend ainsi complice d'un fonctionnement républicain qui lui est, c'est le moins qu'on puisse dire, défavorable. Le malaise grandit lorsque chacun se rend compte que l'exercice du pouvoir a fait grandir la gauche sans qu'elle puisse toutefois se débarrasser tout à fait de son infantilité originaire. D'un côté, ce trentième anniversaire prend un sens particulier pour ce « peuple de gauche » qui verrait bien mai 2012 prendre l'allure d'un nouveau mai 1981. D'un autre côté, tous les candidats un peu sérieux savent que les marges de manœuvre, même si elles existent, ne permettent pas de promettre l'impossible à un peuple qui, de toute manière, refuserait de s'en laisser conter. Ayant assimilé cette idée, ceux-ci ont adopté un discours très éloigné de celui de 1981 et du bouleversement que la victoire semblait promettre.

Il est pourtant une réforme que la gauche devrait porter impérativement, à commencer par le PS : c'est celle de notre république. Nous devons créer les conditions d'une alternance beaucoup plus fréquente et seul un régime parlementaire permettrait d'y parvenir. Il y a lieu de s'étonner que les années de sarkozysme, qui ont montré toutes les limites de la V ème république, n'aient toujours pas encouragé le PS à proposer un tel projet aux Français. On ne cesse pourtant de dire que la gauche n'a pas accepté la V ème république et le présidentialisme, ce en quoi elle a raison; mais qu'elle en tire donc les conséquences ! Cette réforme n'accroîtrait pas la dette et ne sacrifierait rien du sérieux adopté par les candidats. Ce serait pourtant un changement absolument salutaire, tant pour la démocratie que pour la gauche. La VI ème république serait une nouvelle grande rupture, mais ce serait la dernière... et la bonne !

jeudi 5 mai 2011

Colloque des sections universitaires sur la politique de la ville

Depuis une trentaine d’années, la politique de la ville s’impose de plus en plus dans le débat politique pour répondre aux enjeux de société que soulèvent les banlieues. Cependant les résultats sont très contrastés et la question des banlieues n’a pas trouvé de réponse efficace pour réduire le chômage, l’insécurité et l’exclusion de notre système républicain. Dans ce contexte, les sections universitaires du Parti Socialiste ont décidé d’organiser leur premier colloque autour de la politique de la ville à Sciences-Po Paris (27 rue saint-guillaume 75007).

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